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EDITION DE 1822 A PARIS CHEZ LEFEVRE .LIBRAIRE 6 RUE EPERON
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Les Réflexions ou sentences et maximes morales, communément connues sous le nom de Maximes, sont un ouvrage de La Rochefoucauld dont la première édition remonte à 1664 (édition hollandaise) et la première édition française à 16651, cette dernière étant considérée comme l'édition originale.

La Rochefoucauld a donné, de son vivant, cinq éditions originales, successivement modifiées, de ses Maximes, ajoutant quelquefois de nouveaux développements à sa pensée, l’amenant plus souvent à plus de netteté par une plus grande concision.

La première version parut en 1665 sous le titre de Réflexions ou Sentences et Maximes morales, avec un Discours sur les Réflexions et un Avis au lecteur. Le Discours sur les réflexions ou sentences et maximes morales qui l’accompagne est attribué à La Chapelle-Bessé. Cette édition comptait trois cent seize maximes numérotées, plus une Réflexion sur la mort ne portant pas de numéro.

La seconde édition, donnée en 1666, ne contient plus que trois cent deux maximes. Le Discours de La Chapelle-Bessé en a été retiré et ne reparaîtra que dans l’édition posthume de 1693. La troisième, parue en 1671, en renferme trois cent quarante et une et celle de 1675, quatre cent treize : cette édition porte pour la première fois l’épigraphe : « Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés. »

La cinquième édition, datant de 1678, contient cinq cent quatre maximes ; c’est la dernière revue par l’auteur, celle qui constitue la rédaction définitive.

La Rochefoucauld a eu l’idée de composer un grand nombre de maximes, et surtout de les publier, dans le salon de Madeleine de Sablé où a été lancé le genre littéraire des maximes. On trouve d’ailleurs une certaine proximité de préoccupations dans les maximes de celle-ci et celles de La Rochefoucauld. Les maximes étaient discutées par Madeleine de Sablé ainsi que Jacques Esprit, la princesse de Guéméné, la duchesse de Schomberg, la comtesse de Maure ou Eléonore de Rohan. Les transformations effectuées à la version de l’édition de 1665 doit beaucoup à ces amis influents.

Les contemporains, et surtout les contemporaines les plus attachées à l’auteur, celles qui louaient en lui la noblesse des sentiments, la bonté, l’affection, le dévouement aux amis, furent pourtant les premières à se récrier contre son livre. « Nous avons lu les Maximes de M. de La Rochefoucauld. Ah ! madame ! quelle corruption il faut avoir dans l'esprit et dans le cœur pour écrire tout cela ! » écrivait, à Madeleine de Sablé, Marie-Madeleine de La Fayette elle-même, qui, n’étant entrée dans la vie de La Rochefoucauld qu’après la première édition des Maximes, n’aurait été écoutée que pour les suivantes.

On a essayé de justifier l’auteur en cherchant à voir dans une peinture qui abaisse systématiquement l’homme à une préparation, une introduction aux dogmes chrétiens qui le relèvent. « L’Évangile commence où votre philosophie finit », écrivait un de ses contemporains à La Rochefoucauld. On a essayé aussi de dire que l’auteur des Maximes n’a retracé aussi crûment les défauts et les vices des hommes que pour mieux les en faire rougir et les en corriger. Mais il n’y a pas dans l’œuvre entière, où règne le sang-froid philosophique le plus complet, un mot, un accent qui puisse faire prêter à l’auteur le rôle de misanthrope vertueux, de témoin intérieurement indigné des sentiments et des actions dont il trace le tableau.

Si l’ouvrage de La Rochefoucauld est l’œuvre d’un esprit très pénétrant qui paraît systématiquement occupé à une considération exclusive des aspects négatifs de la nature humaine, qui lui ont valu la qualification de philosophe de l’amour-propre, c’est que le pessimisme dont il est imprégné doit beaucoup à la doctrine de Port-Royal qui a marqué la littérature de l’époque classique. La dénonciation de la vanité humaine, la réfutation du libre arbitre, la mise à nu de la faiblesse de l’être et des feintes dont il use vis-à-vis de lui-même, ou la peinture de son insignifiance, doivent être pris comme autant de témoignages de cet esprit janséniste qui traverse les Maximes.

Grâce à la précision et à la netteté originales de son style, relevé par des ornements dont la distinction égale la sobriété, La Rochefoucauld a décrit son temps et une société pleine d’intrigues et de révolutions perpétuelles pour laisser, de modèles passagers envisagés dans une perspective pessimiste, une image immortelle.

Les Maximes ont été souvent réimprimées depuis les cinq éditions originales données du vivant de l’auteur. La sixième édition, publiée en 1693, contenait cinquante pensées nouvelles, dont l’authenticité ne fut pas contestée par la famille. Plusieurs éditions ultérieures furent faites avec peu de fidélité, en bouleversant l’ordre des pensées, en altérant et défigurant le texte, pour rendre le style plus grammatical.

Résumé :

Fleuron de la littérature classique, les Réflexions ou Sentences et Maximes morales de La Rochefoucauld arrachent la forme brève aux usages scolastiques de la citation et du florilège pour renouer avec l'art de l'aphorisme. Leur extrême accomplissement, consonance rigoureuse d'une forme et d'une pensée, a fait l'unanimité dès leur parution. Il en va tout autrement de leur contenu. La perfection de l'énoncé, son ironie constitutive, la réserve de l'auteur, qui ne signe pas son œuvre et ne la commente jamais, en font un texte aux intentions étonnamment ambiguës, voire mystérieuses. Pénétrées d'augustinisme, Maximes et Réflexions proposent une vision très sombre de l'homme et du monde. Sont-elles une dénonciation de l'univers impur de la Chute et " une préparation à l'Évangile ", comme l'affirment les proches du duc, ou, expression d'un " jansénisme sans la rédemption " (Sainte-Beuve), dressent-elles un simple constat ? Conçues dans la mouvance de Port-Royal, prennent-elles rang auprès des Pensées de Pascal ou participent-elles à la subversion des fondements de la morale chrétienne qui conduit, au XVIIIe siècle, à la naissance de l'utilitarisme et de la théorie économique ? La responsabilité du sens est laissée au lecteur. Poli pendant vingt ans (1657-1678), l'ouvrage présente des couches de sédiments distinctes. Éclats baroques et trouées humoristiques alternent avec des mouvements d'ascèse pénitentiels, rendant le déchiffrement du recueil très équivoque. En fait, ces marques de l'histoire du texte sont le moyen d'esquiver le jeu de miroir monté par l'auteur. Elles mettent l'œuvre en perspective, restituent le processus d'une création, le mûrissement d'une vocation. Cette nouvelle édition, rassemblant le plus grand nombre d'états des Maximes, un historique de chaque pièce de l'édition canonique de 1678 et une correspondance entièrement revue, fournit les matériaux d'une enquête essentiellement herméneutique.

Résumé :

Fleuron de la littérature classique, les Réflexions ou Sentences et Maximes morales de La Rochefoucauld arrachent la forme brève aux usages scolastiques de la citation et du florilège pour renouer avec l'art de l'aphorisme. Leur extrême accomplissement, consonance rigoureuse d'une forme et d'une pensée, a fait l'unanimité dès leur parution. Il en va tout autrement de leur contenu. La perfection de l'énoncé, son ironie constitutive, la réserve de l'auteur, qui ne signe pas son œuvre et ne la commente jamais, en font un texte aux intentions étonnamment ambiguës, voire mystérieuses. Pénétrées d'augustinisme, Maximes et Réflexions proposent une vision très sombre de l'homme et du monde. Sont-elles une dénonciation de l'univers impur de la Chute et " une préparation à l'Évangile ", comme l'affirment les proches du duc, ou, expression d'un " jansénisme sans la rédemption " (Sainte-Beuve), dressent-elles un simple constat ? Conçues dans la mouvance de Port-Royal, prennent-elles rang auprès des Pensées de Pascal ou participent-elles à la subversion des fondements de la morale chrétienne qui conduit, au XVIIIe siècle, à la naissance de l'utilitarisme et de la théorie économique ? La responsabilité du sens est laissée au lecteur. Poli pendant vingt ans (1657-1678), l'ouvrage présente des couches de sédiments distinctes. Éclats baroques et trouées humoristiques alternent avec des mouvements d'ascèse pénitentiels, rendant le déchiffrement du recueil très équivoque. En fait, ces marques de l'histoire du texte sont le moyen d'esquiver le jeu de miroir monté par l'auteur. Elles mettent l'œuvre en perspective, restituent le processus d'une création, le mûrissement d'une vocation. Cette nouvelle édition, rassemblant le plus grand nombre d'états des Maximes, un historique de chaque pièce de l'édition canonique de 1678 et une correspondance entièrement revue, fournit les matériaux d'une enquête essentiellement herméneutique.

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