Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

icone du PARE PIO  réalisation ines.org a l ile bouchard 37220 le 23.03.2022
icone du PARE PIO  réalisation ines.org a l ile bouchard 37220 le 23.03.2022

Les « stigmates » du Padre Pio ont été examinés par des médecins à plusieurs reprises, en particulier à la demande officielle de sa hiérarchie.

Dès 1919, le Saint-Office mande le Dr L. Romanelli, de l'hôpital de Barletta, qui l'examine cinq fois entre 1919 et 1920 :

 
Les stigmates visibles.

« La blessure du thorax montre clairement qu'elle n'est pas superficielle. Les mains et les pieds sont transpercés de part en part. »11

« Je ne peux trouver une formulation clinique qui m'autorise à classer ces plaies. »54

Certains témoins disent avoir pu voir au travers des trous de ses mains, plaies qui n'auraient donc pas été superficielles11.

En 1919, un médecin athée, le Pr Bignami, fait poser des scellés sur les bandages, pour écarter l'hypothèse de l'utilisation volontaire d'acide sur les plaies11. En 1920 et 1925, le Dr Festa réexamine le Padre et conclut à « ... des phénomènes, reliés harmonieusement entre eux, qui se soustraient au contrôle des recherches objectives et de la science. »11.

En 1921, l'évêque de Volterra, Raffaele Rossi, enquête auprès de l'entourage de Padre Pio et examine le stigmatique. Il donne dans son rapport une impression favorable : selon lui, le prêtre est un bon religieux et le couvent San Giovanni Rotondo est une bonne communauté ; les stigmates ne peuvent pas être expliqués mais ne sont ni l'œuvre du diable, ni une grossière tromperie, ni une fraude ou l'astuce d'une personne sournoise et malveillante ; il s'agit d'un « fait réel »55,56. Par ailleurs, Rossi n'a pu prouver aucune guérison miraculeuse par l'intercession de Padre Pio57 : « Parmi les guérisons présumées, beaucoup sont non confirmées ou inexistantes. Dans la correspondance de Padre Pio, cependant, il y a des déclarations crédibles qui attribuent des miracles à son intercession. Mais sans confirmation médicale, il est difficile de parvenir à une conclusion, et le problème demeure ouvert »58.

En 1920, Padre Pio avait refusé l'examen clinique du père Agostino Gemelli, médecin et psychiatre59 puis l'accepte en 1925. Gemelli conclut dans son rapport que ses plaies sont des blessures d'érosion causée par l'utilisation d'une « substance caustique », semblables à certaines blessures de guerre, et confirme que les capacités mentales de Padre Pio sont limitées, ce dernier n'étant qu'un « pauvre homme malade » ayant appris sa leçon de son directeur spirituel et maître à San Marco in Lamis, le père Benedetto60.

En 1960, le pape Jean XXIII, sceptique à l'égard du cas Padre Pio à la suite de rapports d’ecoute, ordonne une autre visite apostolique en 1960 en la personne du père (it) Carlo Maccari, qui rencontre Pio neuf fois en tout61. Maccari indique dans son journal que Padre Pio,qui se méfiait de lui, montre sa réticence, son étroitesse d'esprit et ment pour échapper aux questions du prélat ; l'impression qu'il lui donne est « pitoyable »62. Il note dans son rapport que Pio n'est pas un ascète, qu'il a de nombreux contacts avec l'extérieur, qu'il travaille beaucoup pour son âge, qu'il a une éducation religieuse inadéquate mélangeant le sacré au « trop humain  »63, qu'il baigne également dans un entourage partisan qu'il dénonce être « une organisation vaste et dangereuse »64 aux « conceptions religieuses qui oscillent entre la superstition et la magie »65, ne l'incitant pas à la modération. Maccari indique en outre qu'il a reçu des déclarations de femmes indiquant avoir été les maîtresses de Pio, sans évaluer clairement si elles disaient vrai63, mais a exigé que le père Pio ne donne plus de baiser après la confession de soeurs laïques. Maccari se demande finalement comment Dieu peut permettre « tant de tromperie »66. Le visiteur apostolique termine son rapport critique avec une liste de recommandations : délocalisation des frères de Santa Maria delle Grazie, nomination d'un nouvel abbé extérieur à la région, limitation des confessions au père Pio, nouveaux statuts pour 'hôpital...66 À la suite de la visite de Maccari, Jean XXIII note dans son journal qu'il voit le Père Pio comme une « idole de paille » ( idolo di stoppa )67.

Les récits de ceux qui sont restés avec Padre Pio jusqu'à la fin de sa vie, en 1968, indiquent que les stigmates ont complètement disparu sans cicatrice. Seule une marque rouge « comme dessinée par un crayon rouge » est restée de son côté mais elle a fini par disparaître68.

Selon Guitton et Antier, le corps de Padre Pio ne comportait aucune trace de stigmates ou de cicatrices lors de l'examen post-mortem11.

En 2007, l'historien Sergio Luzzatto a défendu la thèse de la supercherie des stigmates de Padre Pio et de ses miracles (voir supra). La nouveauté de son argumentation est de prendre notamment appui sur un document jusqu'ici peu connu et présent aux archives du Vatican. Il s'agit d'une lettre en 1919 dans laquelle Padre Pio demande à l’une de ses premières fidèles de passer commande auprès d'une pharmacie, de 4 grammes d'acide carbolique et de vératrine, indiquant qu'il en avait besoin pour désinfecter les seringues utilisées par lui et un autre frère pour vacciner, en l'absence de médecins, les membres du couvent contre la grippe espagnole. Sur cette base et celle des autres dénonciations mentionnées, l'auteur prétend à un truquage des plaies par Padre Pio69,70.

La réputée « odeur de sainteté » qui émanait de ses stigmates, selon les accusateurs de Pio, « était le résultat d’une eau-de-cologne auto-administrée » 71. Un pathologiste envoyé par le Saint-Siège a noté qu'au-delà des croûtes, il y avait une absence de « tout signe d'œdème, de pénétration ou de rougeur, même après examen avec une bonne loupe ». Un autre a conclu que la « plaie » latérale n'avait pas du tout pénétré dans la peau72.

Une autre critique est celle de l'emplacement des blessures latérales de la lance : la blessure de saint François était sur la droite, tandis que celle de Padre Pio était sur la gauche. En outre, sa blessure latérale était en forme de croix ; en d'autres termes, elle avait une forme stylisée plutôt que réaliste73. De plus, ses blessures étaient dans les mains plutôt que dans les poignets et donc non conforme à l'anatomie des crucifiés d'époque - mais conforme aux représentations iconographiques de la crucifixion.

Les stigmates de Padre Pio étaient-ils authentiques ? De nombreux autres stigmatiques - comme (en) Magdalena de la Cruz (1487–1560), en 1543 - ont avoué avoir simulé des stigmates. Le pape Pie IX lui-même a qualifié de fraudeuse Palma Maria Matarelli (1825-1888)74. Aussi récemment qu'en 1984, la stigmate (it) Gigliola Ebe Giorgini (1933-2021) a été condamnée pour fraude par un tribunal italien75 . Même un défenseur des stigmates de Padre Pio, (en) C. Bernard Ruffin, admet : « Pour chaque véritable stigmate, qu'il soit saint ou hystérique, saint ou satanique, il y en a au moins deux dont les blessures sont auto-infligées »76.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :